samedi 28 juin 2008


Composition de l’huile d’argan

A l'évidence, l'huile d'argan possède des vertus naturelles confirmées d'ailleurs par plusieurs études scientifiques menées tant au Maroc qu'en Europe. Ses composants biochimiques majeurs sont tous unanimement reconnus pour leurs effets bénéfiques sur la santé.

L'huile contient entre 0,34% et 0,79% de composé
insaponifiable.
L’
huile d’argan est naturellement gorgée d’acides gras essentiels insaturés (plus de 80%) dont des acides oléiques (oméga 9) et linoléiques (oméga 6), présents respectivement à peu près de 43 % et 36 % et le reste étant leur forme mono glycérique respective. Cet acide linoléique n’est pas produit par l’organisme et doit être apporté par l’alimentation ou par application. Il confère à l’huile d’argan des propriétés hydratantes, nutritives et protectrices, idéale sur les peaux sèches et fragiles, retardant le vieillissement de la peau et l’apparition de rides.

L’huile d’argan contient également de la vitamine E, tocophérols (620 mg/kg contre 320 mg/kg pour l’huile d’olive) et des composés phénoliques (56 mg/kg) qui agissent comme de puissants antioxydants naturels et anti-radicaux libres. Ils activent les fonctions vitales des cellules et augmentent les défenses naturelles de la barrière cutanée face aux agressions extérieures. Elle est composée aussi de stérols (160 mg. / 100 g), de carotènes (300 mg. / 100 g) et d’alcools terpéniques (150 mg. / 100 g).

Les stérols majoritairement présents dans l’huile d’argan sont le schotténol (147mg/kg) et le spinastérol (122mg/kg). Par comparaison l’huile d’olive et l’huile de tournesol contiennent majoritairement du ß-sitostérol.

En conclusion, l'huile d'Argan est bien équilibrée en acide gras essentiels et elle possède des quantités très appréciables de composants doués d'une activité biologique reconnue tels que le tocophérol, les béta-carotènes, des polyphénols, des stérols, et divers alcools terpéniques... Sa richesse en acide linoléique (35 %) ainsi que sa teneur en tocophérols et en polyphénols lui confèrent un profil diététique remarquable.



Les coopératives de femmes


Il y a une quinzaine d’années seulement, les bienfaits de l’huile d’argan se sont répandus dans le monde entier. Mais la précieuse huile était pratiquement indisponible du fait du caractère strictement familial de son élaboration et de sa consommation.
L’huile d’argan est aujourd’hui l’huile la plus chère du monde : “l’or vert du désert” titrait
Envoyé spécial du 10 janvier 2008.La production nécessite un processus exigeant et laborieux avec beaucoup de manutention. On comprend ainsi mieux le prix d’un litre.La demande est croissante et l’huile d’argan est actuellement le produit tendance présent dans chaque cosmétique. Il suffit de regardez les pourcentages souvent limités à 1 à 2 % avec des effets très réduits en étant associés à des composants issus de la pétrochimie.Les multinationales font monter les enchères, d’autant que la production est limitée et qu’il est essentiel aussi de préserver les arganiers.
Pour les femmes berbères l’huile d’argan est une source essentielle de revenus. Les profits de cette production doivent donc être redistribués pour permettre à ces femmes de vivre dignement de leur savoir faire ancestral, et d’être au cœur d’un projet à la fois social et économique.

En effet, les premières coopératives solidaires de production sont apparues dans la région d’Essaouira permettant de donner du travail et des revenus à des femmes veuves ou divorcées de la région, car d’usage les femmes
mariées restent à la maison.
Ces femmes veuves ou divorcées étaient les plus pauvres parmi les pauvres et n’ayant pas de mari étaient souvent obligées d’émigrer vers les grandes villes, où au mieux elles se louaient comme domestiques ou subsistaient de petits boulots.

Avec le succès de l’huile d’argan, elles sont restées chez elles sur place en formant des coopératives solidaires de production et de commercialisation de l’huile d’argan. Cela leur assure un apport financier d’importance.Ces structures coopératives solidaires fonctionnent en association avec présidente, trésorière et secrétaire élues par vote de chacune des membres associées.

L’élaboration de la précieuse huile d’argan respecte totalement les processus traditionnels tout en étant soumise à des contrôles de qualité garantissant le caractère 100% Bio et naturel de la production.Ces structures d’insertion solidaire des femmes déshéritées du Sud Marocain sont soutenues par le gouvernement car en plus de leur fonction d’économie solidaire elles assurent des actions de promotion de la femme dans des sociétés traditionnelles.
En particulier, les femmes des coopératives solidaires d’huile d’argan reçoivent des cours d’alphabétisation pour leur apprendre à lire et écrire.

Ces coopératives sont parrainées par l’Agence de développement social (ADS) avec le soutien de l’Union Européenne. L’UCFA (Union des Coopératives des Femmes de l’ Arganeraie) est la plus importante union des coopératives pour l’argan au Maroc. Elle regroupe vingt-deux coopératives que l’on retrouve un peu partout dans la région. Ces femmes s’unissent afin d’être mieux organisées et garantissent ainsi un revenu équitable par le biais des coopératives, ce qui leur permet un meilleur cadre de vie, et un dynamisme local. Elles assurent dans le même temps le maintien d’une tradition millénaire : l’huile d’argan artisanale pressée à la main.
Soyez vigilant dans vos prochains achats d’huile d’argan. Surveillez la qualité (bio certifiée) et les conditions de la production. Optez pour le commerce équitable où les femmes bénéficient d’un préfinancement, fixent elles mêmes leur prix, où les flacons sont conditionnés et certifiés sur place et les profits redistribués équitablement pour des projets choisis par la coopérative, qui contribuent aussi à l’équilibre économique et environnemental local.

Quelques chiffres intéressants :
-2 000 personnes travaillent dans les coopératives marocaines consacrées à l'huile d'argan.
- La production annuelle est de l'ordre de 2 500 à 4 000 tonnes.


La fabrication de l’huile d’Argan

Traditionnellement ce sont les femmes berbères du Sud Marocain qui préparent à la maison l’huile d’argan pour les besoins familiaux. Aussi bien pour les besoins alimentaires en cuisine que pour les usages ancestraux comme remède naturel ou pour ses propriétés cosmétiques. Pendant des siècles, elles ont produit l’huile d’argan par une méthode manuelle qui comprend plusieurs étapes :

1. Ramasser les fruits qui apparaissent après les pluies d’automne. Ils mûrissent au Printemps et tombent au sol en Juin et Juillet, au début de l’Eté. Ils sont laissés sous les arganiers pour sécher plusieurs semaines au soleil. Toutefois les parcelles d’arganiers sont clôturées pour éviter que les chèvres ne viennent les manger.

2. En Août les fruits sont dépulpés pour séparer les noyaux, c’est-à-dire extraire la noix du fruit, une noix réputée seize fois plus solide que celle de la noisette.

3. Les noix sont alors concassées à l’aide de pierres de granit pour en extraire les amandes, appelées amendons avec un premier tri pour retirer les impuretés. Ces 2 dernières étapes peuvent prendre 6 heures pour un 1 kg de noix.

4. Il faut ensuite moudre ces amendons. Pour la fabrication de l’ huile d’argan alimentaire, ces amendons auront au préalable grillés et torréfiés dans un plat en terre posé sur la braise tandis que pour l’élaboration de l' Huile d'argan médicinale et cosmétique, les amendons n’auront subi aucun traitement de torréfaction. Dans le cas de l’huile alimentaire elle aura un goût de noisette.

5. Les laisser refroidir puis les écraser dans un moulin à bras rotatif en pierre.

6. On obtient seulement à cet instant une pâte qui va elle aussi nécessiter un long travail manuel. Les femmes triturent pendant plusieurs heures d'affilée cette pâte dans de grands plats creux. A deux ou trois instants précis, elles ajoutent à la pâte des petites quantités d'eau tiède, ce n'est qu'au bout de ce long travail de malaxage qu'elles finissent par rendre ce mélange totalement sec pour en extraire jusqu'à la dernière goutte d'huile d'argan.

La fabrication d'un seul litre de l'huile d'argan aura nécessité 100 kg de fruits frais et 12 heures de travail. Cette extraction se fait à la maison car par coutume les femmes ne la quittent pas.

Actuellement des presses mécaniques viennent soulager le travail des femmes berbères, ainsi réduire de moitié le temps de production d’un litre, augmenter le rendement mais également apporter une garantie d’hygiène. En effet, la méthode manuelle exige l’utilisation de l’eau pouvant être source de contamination.
Pour escompter une appellation première pression à froid synonyme de haute qualité, l’huile d’argan ne doit pas avoir été extraite par solvant et ne doit pas avoir été chauffée.

Aujourd’hui l’huile d’argan est mondialement connue mais c’est un produit rare et cher. En effet un arganier produit environ 8 kilos de fruits par an. Ces 8 kilos de fruits murs donnent environ 5 kilos de fruits secs, dont 2,5 kilos de pulpe et 2,5 kilos de noix.
Ces 2,5 kilos de noix vont donner 2,25 kilos de coques et 250 gr d’amendons. Une fois pressés, ces amendons fourniront à peine 0,15 litre d’huile d’argan. Il faut donc 7 arganiers en pleine production pour en moyenne obtenir 1 litre d’huile d’argan.
On voit ainsi la faible production de cet arbre et la somme de travail nécessaire pour obtenir un seul litre d’huile d’argan. C’est ce qui explique sa rareté et son prix.

Quelques chiffres intéressants :
-800 000 hectares plantés. Perte de 600 ha/an de la surface plantée depuis le début du siècle dernier en arganiers.
- La densité d'arbre par hectare varie suivant la région : de 250 arbres par hectare à 150km au nord d'Agadir dans l'Atlas et environ 40 arbres dans le désert bordant la région de Gulimime (Anti-Atlas)
- Un arbre produit de 10 à 30 kg de fruit environs
- Il faut environ 38 kg de fruit ou bien 2.6 kg d'amandons pour produire 1 litre d'huile.

L'arganier


Description de l’Arganier

L’huile d’argan provient des fruits de l‘arganier ou “l’arbre de vie”, arbre endémique du Maroc, présent essentiellement au sud-ouest du Maroc entre Agadir, Essaouira et Taroudant où il occupe une superficie de 28.000 ha. En effet, l’arganier ne pousse que dans les contrées semi désertiques du Maroc, de Safi au Nord jusqu’aux confins steppiques du Sahara au Sud. Ses plantations vont de l’oued Temfit jusqu’à l’oued du Souss qui se jette dans l’Atlantique à Agadir. Ces 2 fleuves drainent les montagnes de l’Anti-Atlas et du Haut Atlas. L’arganier est si résistant qu’il pousse jusqu’à 1500m d’altitude. Cette région est peuplée pour l’essentiel de tribus berbères, descendantes des Almohades qui furent les maîtres au Moyen Age d’un empire incluant le Maghreb et toute l’Espagne musulmane. Pour ces berbères, l’arganier est l’arbre « béni des Dieux » car l’huile d'argan est pour eux un véritable « or vert » aux nombreuses propriétés médicinales. Ils la nomment d’ailleurs, l’huile aux 100 Vertus.Classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, l’arganier joue un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre écologique. En effet, son système racinaire s’enfonce très profond dans le sol pour capter l’eau, ce qui permet de stabiliser le sol, de lutter contre l’érosion hydrique et éolienne qui menace de désertification d’une bonne partie de la région et de limiter l’avancée du désert.Les tribus berbères utilisent le bois de l’arganier pour la charpente de leurs maisons d’argile et les coques pour la combustion. Les feuilles et les tourteaux servent à nourrir les bêtes et l’huile extraite des amandes de cet arganier est utilisée dans la thérapie de nombreuses affections. II constitue la deuxième essence forestière du pays, après le chêne vert et juste avant le thuya. II est très résistant à la sécheresse et à la chaleur et s’adapte à presque tous les sols. Si cet arbre peut vivre 150 à 200 ans, on déplore la disparition en moins d’un siècle de plus d’un tiers des arganiers, avec 600 hectares en moins chaque année, au profit de cultures maraîchères qui consomment beaucoup trop d’eau. Un programme de replantation est en cours depuis 2006 grâce au soutien de l’Union Européenne mais il faudra attendre 10 ans et sans être certain que l’huile d’argan produite à partir de ces nouveaux plants sera de même qualité.


Les noix de l’Arganier

Les fruits de l’arganier sont verts. Ils ressemblent à une olive mais ils sont plus gros et plus ronds. A l’intérieur se trouve une noix dont la coquille est très dure. Elle représente environ un quart du poids du fruit. La noix contenue à l'intérieur - une noix réputée seize fois plus solide que celle de la noisette - permet d’extraire enfin de précieux amandons oléagineux.


Les chèvres et l’arganier

L’arganier est souvent représenté sur les photos clichées avec son tronc noueux et tordu permettant aux chèvres de l’escalader, de manger ses feuilles et ses fruits verts. Il faut être vigilant sur l’origine des amandons car certains peuvent justement provenir des déjections des chèvres. D’où parfois l’odeur animale de certaines huiles qui ne sont évidemment pas de qualité.