
Les coopératives de femmes
Il y a une quinzaine d’années seulement, les bienfaits de l’huile d’argan se sont répandus dans le monde entier. Mais la précieuse huile était pratiquement indisponible du fait du caractère strictement familial de son élaboration et de sa consommation.
L’huile d’argan est aujourd’hui l’huile la plus chère du monde : “l’or vert du désert” titrait Envoyé spécial du 10 janvier 2008.La production nécessite un processus exigeant et laborieux avec beaucoup de manutention. On comprend ainsi mieux le prix d’un litre.La demande est croissante et l’huile d’argan est actuellement le produit tendance présent dans chaque cosmétique. Il suffit de regardez les pourcentages souvent limités à 1 à 2 % avec des effets très réduits en étant associés à des composants issus de la pétrochimie.Les multinationales font monter les enchères, d’autant que la production est limitée et qu’il est essentiel aussi de préserver les arganiers.
Pour les femmes berbères l’huile d’argan est une source essentielle de revenus. Les profits de cette production doivent donc être redistribués pour permettre à ces femmes de vivre dignement de leur savoir faire ancestral, et d’être au cœur d’un projet à la fois social et économique.
En effet, les premières coopératives solidaires de production sont apparues dans la région d’Essaouira permettant de donner du travail et des revenus à des femmes veuves ou divorcées de la région, car d’usage les femmes mariées restent à la maison.
Ces femmes veuves ou divorcées étaient les plus pauvres parmi les pauvres et n’ayant pas de mari étaient souvent obligées d’émigrer vers les grandes villes, où au mieux elles se louaient comme domestiques ou subsistaient de petits boulots.
Avec le succès de l’huile d’argan, elles sont restées chez elles sur place en formant des coopératives solidaires de production et de commercialisation de l’huile d’argan. Cela leur assure un apport financier d’importance.Ces structures coopératives solidaires fonctionnent en association avec présidente, trésorière et secrétaire élues par vote de chacune des membres associées.
L’élaboration de la précieuse huile d’argan respecte totalement les processus traditionnels tout en étant soumise à des contrôles de qualité garantissant le caractère 100% Bio et naturel de la production.Ces structures d’insertion solidaire des femmes déshéritées du Sud Marocain sont soutenues par le gouvernement car en plus de leur fonction d’économie solidaire elles assurent des actions de promotion de la femme dans des sociétés traditionnelles.
En particulier, les femmes des coopératives solidaires d’huile d’argan reçoivent des cours d’alphabétisation pour leur apprendre à lire et écrire.
Ces coopératives sont parrainées par l’Agence de développement social (ADS) avec le soutien de l’Union Européenne. L’UCFA (Union des Coopératives des Femmes de l’ Arganeraie) est la plus importante union des coopératives pour l’argan au Maroc. Elle regroupe vingt-deux coopératives que l’on retrouve un peu partout dans la région. Ces femmes s’unissent afin d’être mieux organisées et garantissent ainsi un revenu équitable par le biais des coopératives, ce qui leur permet un meilleur cadre de vie, et un dynamisme local. Elles assurent dans le même temps le maintien d’une tradition millénaire : l’huile d’argan artisanale pressée à la main.
Soyez vigilant dans vos prochains achats d’huile d’argan. Surveillez la qualité (bio certifiée) et les conditions de la production. Optez pour le commerce équitable où les femmes bénéficient d’un préfinancement, fixent elles mêmes leur prix, où les flacons sont conditionnés et certifiés sur place et les profits redistribués équitablement pour des projets choisis par la coopérative, qui contribuent aussi à l’équilibre économique et environnemental local.
Quelques chiffres intéressants :
-2 000 personnes travaillent dans les coopératives marocaines consacrées à l'huile d'argan.
- La production annuelle est de l'ordre de 2 500 à 4 000 tonnes.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire